Photo-OF-Hmicycle-coupe-3Olivier Faure (PS), président du groupe Nouvelle gauche à l'Assemblée, a reproché mercredi à Emmanuel Macron d'avancer "caché" depuis son élection, sans expliciter notamment les pistes envisagées de réduction de la dépense publique.

Mardi à l'Assemblée, Edouard Philippe "annonce des objectifs sans expliquer le moins du monde comment il y parviendra", a regretté sur franceinfo M. Faure, évoquant les "20 milliards à trouver" pour "baisser la pression fiscale", et les "60 milliards de baisse de dépense publique" annoncés par le Premier ministre.

"J'ai du mal à y croire et je crains les conséquences de ce discours. Rien n'est affirmé, rien n'est dit et c'est bien tout le problème de ce gouvernement et de ce président, il avance, depuis le départ, caché. A chaque étape, on découvre un certain nombre d'éléments, mais on le voit bien, y compris sur des sujets qui étaient au coeur de la campagne électorale, il n'a jamais dit ce qu'était la loi travail, ce que serait cette baisse de la dépense publique, quels sont les services publics qui sont menacés", a dénoncé le député de Seine-et-Marne.

Le président du groupe Nouvelle gauche, qui s'est majoritairement abstenu mardi lors de la déclaration de politique générale, a mis en balance les reports d'"un an pour l'ISF" et de "cinq ans pour la taxe d'habitation. Donc on voit bien qu'il y a des choix qui sont réalisés et ce sont des choix à l'évidence qui ne sont pas des choix de gauche".

"Sur les mesures de pouvoir d'achat, qui étaient finalement des produits d'appel dans la campagne d'Emmanuel Macron, cette fameuse disparition de la taxe d'habitation pour 80% des ménages, eh bien elle est reportée aux calendes grecques. On renvoie à une concertation en fin de parcours. En revanche, quand il s'agira d'augmenter la CSG, ça se fera dès 2018. Et qui en aura à subir les conséquences? Les retraités, vraisemblablement aussi les fonctionnaires et aussi les indépendants qui ne seront pas compensés de la même façon sur la baisse des cotisations salariales", a insisté M. Faure.

"J'aimerais comprendre quels sont les fonctionnaires qui devront demain travailler moins nombreux. Est-ce que ce sera à l'hôpital, la police, la gendarmerie, l'école? Vraisemblablement à l'école, puisque c'est là que la masse salariale est la plus importante", s'est-il inquiété.

Source : AFP