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Ceux qui vivent, sont ceux qui luttent” déclarait Victor HUGO. Et c’est à l’exemple même de sa pugnacité que le peuple de la mine et de l’usine s’est rassemblé ici au lendemain de la révolution industrielle pour réclamer le temps de vivre.

 

Dans leur vie de labeur, ils étaient les oubliés du partage. Mais il fallait qu’un homme se lève encore plus fort qu’eux, pour réclamer le pain et la dignité, le droit de grève. Cet homme, ce fut Christophe THIVRIER. Il ouvrait la voie au socialisme le 4 juin 1882 à Commentry, en entrant à la mairie. La 1ère acquise au monde.

 

Mais pouvait-on se satisfaire d’une conquête politique locale lorsque tout le pays, marqué par le conservatisme bourgeois et l’oppression, inspirait à plus de justice sociale ? Au terme d’une campagne législative à la force de sa conviction et de ses jambes, logeant chez l’habitant, dormant dans une étable ou une mansarde, Christou allait devenir le Député à la Blouse en 1889.

 

Siégeant dans ce que l’on appelait la “fournaise”, c’est à dire la gauche révolutionnaire, il fut aussi celui qui le 1er mai 1890, alla porter à la questure de l’Assemblée Nationale, les doléances ouvrières, réclamant que ce jour soit férié. Jaurès qu’il côtoya brièvement, disait de lui qu’il respirait “la bonne âme du peuple”.

 

Lui qui dès l’âge de 13 ans, travailla dans les mines, puis ouvrier en bâtiment, huillier, avant d’ouvrir sa boulangerie où la Marianne, société secrète qui tentait d'unifier les revendications ouvrières dans l'illégalité, se réunissait derrière son four. Il y faisait tellement chaud que le mot d’ordre pour s’y réunir peut encore prêter à rire. Ses initiés déclaraient :

“ce soir, retrouvons nous en Afrique”. Et enfin marchand de vin ; tous ses métiers servant à se défaire de l'emprise du patronat et de la compagnie des mines qui tentait de faire taire le mouvement ouvrier.

 

Mais l’admirable lutteur, complice de Jean Dormoy dans la lutte syndicale et politique devait s’éteindre, fatigué des combats en 1895. Tel un Général d’Empire, Thivrier, aurait pu dire : “voici mes fils”...Déjà, ils allaient prendre la suite, à la mairie, au Conseil général, à l’Assemblée Nationale…

 

Thivrier, ce n’est pas qu’une légende. C’est une fidélité aux idées et aux combats fondateurs du socialisme. François Mitterrand en 1972 puis Pierre Mauroy, dix ans plus tard, vinrent saluer le grand homme.

 

008Dans une période où notre Parti se cherche et doit se rassembler, son parcours illustre combien nous devons être les enfants d’une gauche qui n’hésite pas. D’une gauche qui ne se contente pas d’accompagner le réel mais qui lutte pour le transformer.

 

Dans une période où notre pays connaît à la fois, de nombreuses régressions, où la casse sociale et celle des acquis est méthodiquement organisé par le “Président des riches”, clairement de droite, la pugnacité et la force de conviction de Thivrier doivent nous inspirer et se traduire par l’action résolue.

 

Enfin, Christophe Thivrier, c’est aussi notre section qui a choisi de se dénommer ainsi. Section historique, la plus ancienne de ce département qui mérite respect et considération. Elle a telle une vieille dame, l’expérience des luttes forgée par l’exercice du pouvoir. Elle a aussi le tempérament et la fougue de la jeunesse pour résister à toutes les épreuves ; elle a su le prouver dernièrement.