IMG_0389L'inauguration des travaux du Vieux-Bourg ce samedi 9 juin 2018 est l'occasion de revenir sur ce quartier qui était hier l'âme de Commentry.

En effet, jusqu’à l’époque de la Révolution Industrielle et avant que la charbon ne servit à produire le cheval-vapeur et que sa conjonction avec le minerai de fer n'ouvrit la voie à la sidérurgie, Commentry était une petite commune rurale, ignorée dans son pays Bourbonnais même.

Sa population et les activités agraires qui en découlaient, se concentraient autour ce que l’on appelle aujourd’hui le Vieux Bourg et de son édifice principal qu’était l’église, dédiée à Saint-Front, saint itinérant d’origine périgourdine, qui aurait emprunté la vieille voie venant d’Evaux.

Dans les Annales Bourbonnaises, Émile MÂLE, Académicien, spécialiste de l’art chrétien médiéval, qui a légué de nombreuses monographies sur les églises et cathédrales de France, faisait une description tout à la fois poétique et sociologique de Saint-Front et son bourg : "Son église fut longtemps l’unique église de Commentry et l’on se souvient encore des temps héroïques, où on allait à la messe au Petit-Bourg, en passant la rivière sur une planche branlante. Cette église est ancienne et pieusement tournée vers l’Occident, comme le veut la liturgie, mais elle n’a d’intérêt véritable que pour les fils de ce vieux sol, qui savent que leurs plus lointains ancêtres reposent auprès d’elle. La place qui précède l’église est encore ombragée de quelques grands arbres."

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A une autre époque, George SAND a aussi peint ce hameau : "Quels beaux branles ont été dansés là à travers les âges et quelles belles bourrées y jouèrent les anciens cornemuseux de notre pays qui firent de si fiers musiciens. On dansait là, « sous l’arbre », comme dit la chanson, tout pr!s des vieux mort qui ne s’en fâchaient point. Quels magnifiques horions furent encore échangés sur cette place, entre les gars de Commentry et ceux de Durdat ou de Malicorne, qui, les jours d’apport, ne manquaient jamais de provoquer noblement, tantôt une fille, comme les héros d’Homère, et tantôt pour le plaisir, comme ces rudes paysans chevelus, qui portaient des tresses par devant à la mode celtique."

Au XIXème siècle, Commentry se créait de toute pièce, grandissant à la manière des villes américaines, au temps pionniers, afin de satisfaire aux impératifs nouveaux pour elle, de sa vocation industrielle. Si bien que son essor devait la propulser au rang de la troisième ville la plus importante de l’Allier, par sa population croissante notamment. de 498 habitant en 1800, il fallait en compter 12978 en 1876.

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C'est alors que le Vieux-Bourg devenait un quartier de la nouvelle ville. Ce matin donc, nous inaugurons les travaux du Vieux-Bourg. Tout d'abord, l'entrée par la route de Malicorne a bénéficié de la pose de ralentisseurs. C'est une bonne chose car la vitesse va être ralentie quasiment jusqu'au rond-point du portail de la glacerie. Le reste de la route de Gannat pose question. Il faudra revoir l'aménagement urbain et les nombreux habitats délabrés qui ne sont pas attractifs pour l'entrée de ville.

La place du Vieux-Bourg en elle-même. Propre et neuve certes mais son aspect d'antant a été un peu trop oublié. D'une place rectangulaire quasiment à l'Italienne, on passe à un aménagement comportant de nombreuses circonvolutions. On s'y perd. Et puis pour le moment la place fait vide, faute de végétation suffisante. Il aurait été nécessaire de replanter davantage.

 

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La fontaine monumentale en pierre de Volvic, édifiée en 1864 au centre de la place du Marché, aujourd'hui place du 14 Juillet après avoir été déplacée au Champ de Foire, s'installe désormais au Vieux-Bourg. Avec ses 4 jets d'eau, elle coule dans un énorme bassin circulaire lui aussi en lave de Volvic. Elle a été entourée de bornes qui rappellent l'époque où il était possible de s'asseoir et d'attacher les chevaux. La typologie même de cette fontaine - son aspect aussi - aurait été plus en cohérence sur la place de la Mairie. Elle aurait trouvé là de quoi embellir la place du 14-Juillet qui en dehors du marché du vendredi et des manifestations occasionnelles, est bien vide. C'est fait maintenant. On va arrêter de la déplacer ! Mais quid du Champ de Foire qui mériterait lui aussi une revalorisation !

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S'agissant du calvaire et de sa restauration pour près de 16.000 euros, le débat a agité les passions. Mais une autre question se pose : qu'allons nous faire de l'église fermée au public et aux cérémonies depuis de trop nombreuses années ? Faut-il la réhabiliter ou la désacraliser ? Dans la seconde hypothèse, elle permettrait la tenue d'obsèques civiles ou l'utilisation pour des événements publics (concerts, expositions, etc). Nous y reviendrons !