220px-Marx_Dormoy-1932Le jeudi 26 juillet 2018, voilà 77 ans, disparaissait Marx DORMOY, ministre du Front Populaire, maire de Montluçon, parlementaire, lâchement assassiné par la Cagoule à Montélimar (Drôme), où le gouvernement de Pétain l’avait placé en résidence surveillée, à l’hôtel appelé « Le Relais de l’Empereur », à l’angle d’une petite place qui porte aujourd’hui son nom.

Bien sûr, cette victime d’un évident crime politique a fait l’objet de nombreux hommages. Dans plusieurs villes de France, des voies publiques et des places portent son nom, tout comme une station du métro parisien. Un monument a même été élevé à sa mémoire à Montluçon le 25 juillet 1948. Mais rien ne pourra remplacer le devoir de tout militant, de tout homme de progrès, à qui incombe l’obligation constance de rappeler l’œuvre inachevée de cet homme de bien, qui a servi les intérêts de sa commune, de son département et finalement de son pays, avec loyauté et droiture, au prix de sa vie.

Naturellement, plusieurs biographies ont déjà vu le jour à son sujet. D’abord celle de Georges Rougeron, ancien sénateur-maire de Commentry, Docteur en histoire, publiée en 1956. L’auteur y rappelle comment son propre engagement politique l’a conduit à devenir, à partir de 1934, secrétaire particulier de Marx Dormoy. Mais aussi comment il intégra, avec son aide, les rouages de la Fédération socialiste, devenant secrétaire adjoint de la section socialiste de Montluçon et rédacteur délégué du journal hebdomadaire « Le Combat social ». Acteur majeur de la vie politique dans l’Allier, de la Libération jusqu’à son décès en 2003, Georges Rougeron n’eut de cesse de rappeler ce qu’il devait à son « patron ».

En 1998, André Touret, spécialiste de l’histoire contemporaine de Montluçon et du département de l’Allier, a retracé à son tour, à la force d’une enquête approfondie, la vie de Marx Dormoy, peignant le portrait d’un maire exemplaire, qui pratiquait une politique sociale et sanitaire d’avant-garde. Abordant son destin national de sous-secrétaire d’État à la présidence du Conseil du ministère Blum puis de ministre de l’Intérieur après le suicide de Roger Salengro, il s’attacha à démontrer l’envergure de Dormoy : « Avec lui, le Front Populaire et les accords de Matignon de 1936, la lettre contre la Cagoule, le refus des pleins pouvoirs au maréchal Pétain le 10 juillet 1940, font partie de notre histoire nationale ». L’auteur voyait aussi en lui un « homme de conviction, de courage et d’une rare clairvoyance. »

Ne pouvant se satisfaire de l’hagiographie officielle, nombreux sont ceux qui viennent devant sa stèle, comme pour mettre en rapprochement leurs propres envies de carrières, politique et professionnelle, avec celles de Dormoy. Il appartiendra à l’histoire de se prononcer au sujet de cette posture. Pour le moment, à l’épreuve des faits, elle est loin de démontrer quelque chose en commun avec le grand Socialiste que fut Dormoy, fidèle à la SFIO.

Cette modeste contribution prouvera, s’il le fallait, que tout intérêt porté à notre Département ne peut occulter – quelles que soient les préférences politiques de chacun – le rôle occupé par le mouvement socialiste durant la période étudiée.

Patriote autant qu’homme de gauche, Marx Dormoy a cimenté l’assise essentielle de l’édifice commun de justice sociale et de liberté humaine dont il entrevoyait l’inévitable réalité. Parce que la volonté n’a de sens que si elle se prolonge dans l’avenir, relire la vie de Marx Dormoy doit nous inspirer à continuer son œuvre. Pour le socialisme, pour la France, pour la paix.

En conclusion, parce qu’il avait sacrifié à son patriotisme tout souci de sa sûreté personnelle, Marx Dormoy a payé de sa vie son engagement pour la République et pour le socialisme.

Grand maire de Montluçon, initiateur comme l’avait été son père, d’une politique sociale généreuse pour le bien-être des habitants, figure remarquée au plan national et international, sa disparition priva notre famille politique d’un homme exceptionnel.

Désormais, chacun des Socialistes que nous sommes est dépositaire individuellement, de cette histoire à portée universelle. Collectivement, nous avons le devoir de la perpétuer à la lumière des valeurs qu’elle ne cesse de nous transmettre.

« À la Chambre et dans le pays, je serai un socialiste indéfectiblement attaché à la politique de mon parti » déclarait Marx Dormoy. Puissions nous méditer son message, nous en inspirer, et le traduire en action !