monumentcommentry

Nous allons célébrer les 100 ans de l’Armistice de la Première Guerre mondiale par deux cérémonies les 10 et 11 novembre 2018 à Commentry. C’est l’occasion de revenir sur l’histoire de ce conflit, où Commentry était une ville dite de l’arrière par rapport au front.

Comme dans d’autres villes et villages, le 1er août 1914, l'ordre de mobilisation générale était décrété. Tous les Français soumis aux obligations de la conscription universelle masculine en vigueur devaient donc quitter leur foyer et revêtir l'uniforme.

A l’ouverture du Conseil municipal du 11 août 1914, Alphonse Thivrier, maire-adjoint de Charles Prats  évoquait l’assassinat de Jean Jaurès : “nous sommes douloureusement émus par la fin tragique d’un grand citoyen que fut Jean Jaurès. Nous nous inclinons avec respect devant la grandeur de la noble figure et envoyons à Madame Jean Jaurès, l’expression de notre respectueuse sympathie”. La place de l’Alma à Commentry prend alors le nom du tribun socialiste.

 

jaures


Loin du front, Commentry a tout de même connu les effets de cette guerre. Des convois de refugiés arrivaient dans la cité ouvrière. Le 20 août, ce furent 48 Belges. Des compatriotes de l’Aisne, des Ardennes, de Meurthe et Moselle, du Nord, mais aussi du Pas de Calais, contraints par la fermeture des mines et par le conflit arrivent chez nous. Ils sont logés parmi la population, avec une dominante de femmes et d’enfants. Notre commune va ainsi accueillir près de 500 déplacés.


La nourriture se faisait rare et les denrées de première nécessité manquaient, tout comme le charbon qui fut rationné. Au front, nos hommes et nos jeunes tombaient et nous comptons aujourd'hui plus de 265 tués au combat ou morts des suites de la guerre, dont les noms figurent au Monument érigé en 1923 sur une oeuvre originale du sculpteur Desruelles.

Très expressif, ce monument permet de voir, dans un champ de blé, un moissonneur s'appuyant sur sa faux, découvrant la tombe d'un soldat. Sa casquette à la main, il se recueille et semble méditer.

stlouis

L’irruption de la 1ère Guerre mondiale avait aussi transformé la Maison Saint Louis en un hôpital auxiliaire, sous la responsabilité de la Société de secours aux blessés militaires. Vieillards et soldats devaient donc se côtoyer. C’est ainsi que jusqu’au 16 décembre 1918, 279 blessés de guerre avaient été hospitalisés dans l’Etablissement.


Au plan économique, la grande mine subissait des graves difficulté tandis que naissait Commentry-Oissel aux Bourrus. Avant l’armistice, notre Maire Charles Prats devait succomber. Né Commentry le 12 janvier 1869,  il était ouvrier métallurgiste dès l’âge de seize ans après études primaires et un apprentissage, il fut aussi secrétaire du syndicat des ouvriers métallurgistes. En 1912, il conduisit au succès une liste socialiste aux élections municipales et fut élu maire de Commentry le 19 mai avec, comme adjoints, Alphonse Thivrier et Jean Beaumont. En 1913, Prats était trésorier de la Bourse du Travail dont le secrétaire était Jean Beaumont. Pendant la guerre, il prit le secrétariat de la Bourse et administra le journal Le Combat social qui cessa de paraître le 6 juillet 1918.


On accrochait salle du conseil municipal, deux portraits : celui de Christophe Thivrier et celui de Jean Jaurès. (il serait bien de les remettre à leur place....)


Après l’Armistice, Commentry devait se relever et soigner ses blessures. La guerre avait stimulé le mouvement industriel mais l’appareil productif peinait à se reconstituer. Il fallut se résoudre à créer en 1919, sous l’impulsion d’Alphonse Thivrier devenu Maire, un fond municipal de Chômage ; une institution et un vocable nouveaux que nous devions hélas, voir se reproduire dans l’avenir.


Cyrille Darrigade


Sources : Conseil municipal du 11/8/1914, Histoire de Commentry et des Commentryens G.Rougeron, La Maison Saint Louis Léon Côte.