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Non, Monsieur le Président de la République, Pétain n'a pas été "un grand militaire" comme vous avez voulu le déclarer ce matin lors de votre déplacement dans l'Est et le Nord de la France. Un Maréchal disait de lui qu'il "avait été nécesssaire de lui botter le derrière" pour "l'on gagne la Guerre de 14".

Non, Pétain n'a pas été un grand militaire, il était défaitiste. Il fait signer l’armistice du 22 juin 1940 avec l'Allemagne d'Adolf Hitler à Rethondes au même lieu et dans la même voiture de chemin de fer où fut signé autrefois l'armistice de 1918 par l'Allemagne alors vaincue, selon la volonté de Hitler, retirant la France du conflit.

Il n'a pas été un grand militaire parce qu'en 1940, il a fait voter à Vichy en juillet 40, les pleins pouvoirs, liquidant la République et conduisant à la suite funeste que l'on connait et à la collaboration avec l'ennemi qu'il avait combattu 26 ans plus tôt.

 

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Il s'octroiait le lendemain le titre de « chef de l'État français », qu'il conserva durant les quatre années de l'occupation des armées du IIIe Reich. Installé à Vichy à la tête d'un régime autoritaire, il abolit les institutions républicaines et les libertés fondamentales, il prononçait la dissolution des syndicats et des partis politiques, il instaura une législation antimaçonnique et antisémite dès août et octobre 1940, de sa propre autorité et sans pression de l'occupant allemand. Il engagea le pays dans la Révolution nationale et dans la collaboration avec l’Allemagne nazie. Le régime qu'il dirigea jusqu'en juillet 1944 fut déclaré « illégitime, nul et non avenu » par le général de Gaulle à la Libération.

Conduit par les Allemands en août 1944, à Sigmaringen, échouant ensuite en Suisse avant de se rendre aux autorités françaises, Pétain fut jugé en juillet 1945 pour intelligence avec l'ennemi et haute trahison par la Haute Cour de justice, il fut, par arrêt du 15 août 1945, frappé d'indignité nationale, condamné à la confiscation de ses biens et à la peine de mort. Sa peine est commuée en emprisonnement à perpétuité par le général de Gaulle, alors chef du Gouvernement provisoire de la République française.

En réponse aux propos déplacés du Président de la République qui viennent choquer à la veille du 11-Novembre et dans un contexte aux valeurs troublées, rappelons enfin que les Maréchaux dont Pétain ont sacrifié toute une génération au combat de 14-18, sans parler des "fusillés pour l'exemple". Voici la chanson de Grand Corps Malade, La Médaille :

 

 

La medaille de Renaud par Grand Corps Malade.

Un pigeon s´est posé
Sur l´épaule galonnée
Du Maréchal de France
Et il a décoré
La statue dressée
D´une gastrique offense
Maréchaux assassins
Sur vos bustes d´airain
Vos poitrines superbes
Vos médailles ne sont
Que fientes de pigeons
De la merde

Un enfant est venu
Aux pieds de la statue
Du Maréchal de France
Une envie naturelle
L´a fait pisser contre elle
Mais en toute innocence
Maréchaux assassins
Le môme mine de rien
A joliment vengé
Les enfants et les mères
Que dans vos sales guerres
Vous avez massacrés

Un clodo s´est couché
Une nuit juste aux pieds
Du Maréchal de France
Ivre mort au matin
Il a vomi son vin
Dans une gerbe immense
Maréchaux assassins
Vous ne méritez rien
De mieux pour vos méfaits
Que cet hommage immonde
Pour tout le sang du monde
Par vos sabres versé

Un couple d´amoureux
S´embrasse sous les yeux
Du Maréchal de France
Muet comme un vieux bonze
Il restera de bronze
Raide comme une lance
Maréchaux assassins
L´amour ne vous dit rien
A part bien sûr celui
De la Patrie hélas
Cette idée dégueulasse
Qu´à mon tour je conchie