tombeCthvirier

Christophe Thivrier, dit Christou, né à Durdat-Larequille le 16 mai 1841 et décédé à Commentry, le 8 août 1895, surnommé le « député en blouse » fut  le premier maire socialiste du monde , élu à Commentry le 4 juin 1882. Forgeron de l’émancipation humaine, il était au monde ouvrier ce qu’Émile GUILLAUMIN était au monde paysan.

Inhumé dans le cimetière de la commune, son souvenir est présent en ville par une stèle et une rue. Elles rappellent une époque qui correspondait au temps de la prise de conscience d’un peuple d’exploités, aussi bien à la ville qu’à la campagne. Ce temps où l’école était brièvement fréquentée et la vie laborieuse très tôt abordée, où l’ouvrage était dur à la forge comme à la mine. Recevoir « les mauvais journaux », fréquenter les « mauvais cafés » ou les « mauvais esprits » exposait à coup sûr à perdre sa place.

Respecter la mémoire de Christophe Thivrier, c’est rappeler son oeuvre de progrès civique et humaine, de justice sociale qui allait bien au-delà de notre petite patrie locale. Il fut le porte-flambeau d’une espérance ; celle qui venait de la Révolution Française et incarnait la chanson de geste de tout un peuple.

Élu Député du Parti Ouvrier Français en octobre 1889, il tint sa promesse faite au cours d’une réunion publique de campagne électorale à Doyet : siéger avec la blouse bleue des travailleurs. Insistons sur l’intensité du mouvement qu’il avait suscité : il ne se limita pas à la cité de Commentry : elle eut une influence dans tout le pays jusqu’à la genèse du premier 1er mai, en 1890 – avec Jean DORMOY – dont il porta les revendications à la Chambre des Députés.

Mais Thivrier, usé par les luttes politiques sans répit et par son travail acharné, s’éteignait trop tôt en août 1895. Ses fils ont continué son œuvre. Socialiste de tempérament et de raison, socialiste de toujours, Christou et sa blouse symbolisaient la fidélité à la parole donnée, les pensées généreuses, le dévouement sublime. Inséparables de la République et de la démocratie, ils avaient reçu l’adhésion enthousiaste de milliers d’ouvriers et de paysans.

Plus d’un siècle après sa mort, il était incontournable d’entretenir sa sépulture et de la nettoyer comme nous le réclamons depuis 3 ans.

- Parce que pour tous, il fut le député-maire de la Ville et qu’à ce titre, au delà des appartenances politiques, l’homme doit être respecté sans faux prétexte d’impératifs budgétaires et que la commune doit s’en honorer.

- Parce que l'histoire ne se résume pas à choisir parmi les Hommes et les Femmes qui ont fait Commentry

- Parce que pour les historiens et les chercheurs, Commentry a encore un sens, en reliant le passé au présent, dans de nombreux travaux actuellement réalisés.

- Parce que pour nous socialistes, est né de ce récit de la tradition, la fierté de combattre utilement et pour une noble cause ; celle qui permet au « socialisme d’être une idée qui continue son chemin », pour vivifier la démocratie.