mardi 22 mai 2018

Le 22 mai : #EnsemblePourLeServicePublic

speech-2759550_640Ce 22 mai, nous vous appelons toutes et tous à vous mobiliser lors des manifestations unitaires qui auront lieu dans toute la France ! 

Fidèle à son histoire, il est du devoir du Parti socialiste, de ses militantes et de ses militants, d'être aux côtés des syndicats ce mardi 22 mai. Encore une fois nous nous engageons en faveur d'un service public mis à mal par le Gouvernement.

Gel du point d'indice, réforme de la SNCF, et surtout, la suppression aveugle et idéologique de 120 000 postes de fonctionnaires, alors que nombre de services ont vu leurs moyens réduits à peau de chagrin.

Toutes ces décisions relèvent de l'arbitraire, ont été prises sans aucune négociation et ne s’appuient sur aucune donnée concrète. Elles sont guidées par une recherche forcenée d’économies budgétaires visant à compenser les cadeaux fiscaux faits aux plus riches.  

Le Parti socialiste milite pour une fonction publique de qualité, utile à tous nos concitoyen.ne.s, dans tous les territoires de la République. 

Aussi, mardi 22 mai rassemblons-nous lors des manifestations !

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mercredi 16 mai 2018

Débat : Quel avenir pour la ruralité

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A l’invitation de la section du Parti Socialiste de Commentry-Montmarault, René SOUCHON, ancien Ministre de l’Agriculture et de la Forêt, ancien Président de la Région Auvergne, viendra présenter son dernier ouvrage « Ruralité : quel avenir ? », samedi 2 juin 2018, à 11h, 12 rue Henri Barbusse, à Commentry.

René SOUCHON possède une expérience exceptionnelle du milieu rural grâce à ses activités professionnelles (Inspecteur général de l’agriculture), élues (conseiller général du Cantal, maire d’Aurillac, député du Cantal, président du conseil régional d’Auvergne) ou nommées (secrétaire d’État puis ministre délégué chargé de l’Agriculture et de la Forêt).

Son dernier ouvrage « Ruralité : quel avenir » restitue cette connaissance et appelle nos territoires ruraux à préparer leur avenir. A l’heure de bouleversements géostratégiques et technologiques, des solutions concrètes existent grâce à la révolution numérique. Particulièrement le Très Haut Débit et son application aux services publics, à la santé, l’éducation, la culture ou encore la mobilité.

De nouvelles opportunités d’autant plus nécessaires, au moment où les dotations des collectivités rurales diminuent, du fait de la crise des finances publiques et d’une pensée politique dominante en direction des métropoles.

Ici, aucune nostalgie pour la ruralité d’hier. Pas davantage pour celle de la grande période de l’aménagement du territoire. Elles appartiennent désormais à l’histoire ; l’auteur préférant donner les clés d’un futur en commun, qui refondra l’espace rural auquel il est attaché.

Pour cela, il a listé des atouts indéniables : aspiration des citadins à une meilleure qualité de vie, environnement exceptionnel, nécessité de pérenniser les ressources de la planète...Aux ruraux eux-mêmes donc, à prendre les choses en main, en pratiquant la co-construction.

C’est-à-dire, en associant la population aux décisions prises par les élus locaux, en recourant à l’ingénierie territoriale, au partenariat public/privé, en établissant des stratégies qui pensent le moyen et long terme. En saisissant toutes les chances de la révolution écologique et énergétique et leurs outils qui sont - ou seront - bientôt à disposition, comme par exemple, la voiture autonome, qui favorisera la mobilité. L’auteur appelle donc à changer de logiciel de pensée et d’imagination. A libérer les énergies pour construire l’avenir.

Ruralité : quel avenir ? Par René Souchon, Editions de l’Aube, 20 euros

René SOUCHON, né en Lozère ; fils d’un instituteur rural et riche d’une expérience exceptionnelle du milieu rural à travers ses activités professionnelles (inspecteur général de l’agriculture) que de celles d’élu (conseiller général du Cantal, maire d’Aurillac, député du Cantal, président du conseil régional d’Auvergne), secrétaire d’état puis ministre délégué chargé de l’agriculture et de la forêt. À ce titre, il a préparé et fait voter la loi sur le développement et la protection de la montagne (1984) et la loi sur la gestion, la valorisation, la protection de la forêt (1985). Il est l’auteur deux ouvrages: Le défi rural (AgriNathan) et Le projet rural (L’harmattan).

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lundi 14 mai 2018

Taxe d’habitation : quand la baisse est « en même temps » une hausse !

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Pendant la campagne électorale, le candidat Macron promettait la suppression de la taxe d’habitation (TH) pour 80% de la population. Finalement, le président Macron a opté pour la suppression de la Taxe d’habitation pour tous, y compris donc pour les Français les plus riches. Ce choix impose de trouver 10 milliards d’euros de plus en compensation pour les collectivités locales.

Le rapport Richard Bur qui vient d’être remis au gouvernement propose deux scénarii :

– La première piste consiste à transférer aux communes et à leurs groupements, un impôt jusqu’ici perçu par les départements. Reste à trouver ensuite une part d’impôt national à verser aux départements en compensation ; une mesure qui entrainera une perte d’autonomie fiscale pour les départements.

– La deuxième piste consiste à transférer aux communes et à leurs groupements, en compensation, un impôt national, non territorialisé. Mais les élus locaux n’auraient aucun pouvoir de choix du taux d’imposition (contrairement à l’actuelle Taxe d’habitation) ! Le rapport va plus loin en proposant même de limiter le pouvoir des élus locaux sur la fixation du taux sur le foncier bâti.

Dans les deux cas, les collectivités locales perdent une part de leur autonomie fiscale vis-à-vis de l’Etat qui reprend le pouvoir. La recentralisation est en marche !

Mais surtout le rapport ne dit pas où trouver les 10 milliards qui manqueront dans le budget de l’Etat. Il se borne à évoquer quelques leviers :

​- renoncement à certains allégements fiscaux : lesquels ?

​- suppression ou réduction de niches fiscales : va-t-on par exemple supprimer l’aide fiscale pour l’embauche d’une personne à domicile ?

​- et surtout de nouvelles économies : s’agit-il par exemple de baisser encore un peu plus les APL, de renoncer à la création de postes dans la police, la gendarmerie, la justice ou bien de nouvelles coupes dans les EHPAD ou les hôpitaux …?

Les quelques points positifs de ce rapport, comme l’affirmation que la révision des valeurs locatives cadastrales est une condition majeure de l’équilibre de la réforme ne doivent pas faire oublier que cette réforme ciblée sur la Taxe d’habitation, ne corrige en rien le caractère injuste de notre fiscalité. Un système de péréquation nationale est indispensable et le gouvernement ne dit rien sur ce point.

Au bout du compte, le cadeau de 10 milliards fait aux plus aisés (par la suppression, pour tous les foyers, de la Taxe d’habitation) va être financé par l’ensemble des Français ! Pour les 500 000 foyers fiscaux gagnant plus de 6 700 euros par mois, c’est un cadeau en moyenne de 1 445 euros.

Le mensonge qui consiste à faire croire aux Français que la suppression de la Taxe d’habitation ne leur coûtera rien se dissipe progressivement. 

En réalité, ils paieront l’addition par moins de services publics locaux, plus d’impôts nationaux, voire une augmentation des impôts locaux. 

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jeudi 10 mai 2018

10 mai 1981 : le jour où tout changea

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Après 23 ans d'opposition, la gauche gagne l'élection présidentielle. Depuis le 1er tour, les désistements en faveur de François Mitterrand ont été nombreux (Huguette Bouchardeau, Arlette Laguiller, Michel Crépeau, Georges Marchais) tandis que Valéry Giscard d'Estaing bénéficie des désistements plus réservés de Michel Debré, et de Jacques Chirac. Marie-France Garaud déclare pour sa part qu'elle votera blanc, tout comme l'écologiste Brice Lalonde.

Les deux candidats restant au second tour durcissent le ton de la campagne électorale : Valéry Giscard d'Estaing est accusé de mensonge, François Mitterrand de perdre son sang froid. L'opinion est mobilisée : près deux Français sur trois suivent le débat télévisé entre les deux hommes le 5 mai, et le jour du scrutin, l'abstention est faible (14,14% des inscrits). Les reports de voix en faveur du candidat socialiste s'opèrent bien, tandis que le président sortant ne fait pas le plein des voix de droite.

Tous les électeurs ont le sentiment qu'une page d'histoire se tourne, la tension est forte, l'impatience réelle jusqu'à la proclamation des résultats.

Le 10 mai 1981, pour sa troisième candidature, François Mitterrand est élu (51,8 %) président de la République face au sortant Valéry Giscard d’Estaing. Avec lui, quelles que soient les relations entre PS et PCF, l’ensemble de la gauche triomphe. L’événement est historique.

INA - Jalons - Soirée électorale : les résultats de l'élection présidentielle de 1981 - Ina.fr

Les journalistes donnent à 20h00 le nom du vainqueur des élections présidentielles de 1981 : François Mitterrand. Les premières réactions au siège du PS et QG de campagne de Valery Giscard d'Estaing.

https://fresques.ina.fr

 

Alors que la gauche n’a jamais été au pouvoir depuis la fondation de la Ve République en 1958, François Mitterrand est élu président de la République le 10 mai 1981. Après l’annonce de sa victoire à vingt heures, de nombreuses manifestations de liesse populaire, à Paris ou en province, ont lieu et se prolongent tout au long de la nuit.

 

mitterrand - 10 mai 1981 : le film de la nuit - Ina.fr

Alors que la gauche n'a jamais été au pouvoir depuis la fondation de la Ve République en 1958, François Mitterrand est élu président de la République le 10 mai 1981. Après l'annonce de sa victoire à vingt heures, de nombreuses manifestations de liesse populaire, à Paris ou en province, ont lieu et se prolongent tout au long de la nuit.

http://fresques.ina.fr

 

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mercredi 9 mai 2018

Dotations de l'Etat pour Commentry : les "carabistouilles" de Macron

Depuis peu, les maires connaissent les dotations de fonctionnement que l’Etat va attribuer à leur commune. Contrairement aux promesses du Président de la République, ces dotations baissent drastiquement. Ainsi, Commentry voit sa dotation diminuer de 20%, passant de 397834 euros en 2017 à  319018 en 2018, soit -  78816 euros. C'est un mauvais signe au moment où sa population continue de baisser et que son centre-ville entame un plan de revitalisation. C'est aussi réduire les capacités d'action des élu-e-s pour développer la culture, l'éducation, l'aide aux associations.

 

Mais cette coupe des aides ne concerne pas que Commentry. De nombreuses autres communes de l'Allier en particulier, de l'Ouest du département sont touchées, sans que cela ne suscite la réaction de la Députée de la circonscription qui avait pourtant fait de la ruralité, l'un des enjeux de son mandat.

 

Nationalement comme localement, nos territoires sont victimes de l'application bête et méchante du "en même temps" présidentiel. C'est-à-dire annoncer sur TF1  l'intention de ne pas rogner les moyens des villes et villages et en même temps, faire le contraire. Il en va de même pour la circonscription : annoncer vouloir se battre pour le train et en même temps, voter les lois inverses à Paris.

 

Carte des baisses de dotations. En orange foncé, les communes concernées par de fortes pertes de DGF de l'Etat.

 

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Cette baisse des dotations est particulièrement injuste pour la République des territoires. Une puissance publique est efficace et forte,  si elle conjugue l’action de l’État et des collectivités territoriales. Or, cette majorité est en train de détruire l'oeuvre décentralisatrice de 1981 pour concentrer les moyens sur les métropoles et Paris. Elle regarde la province depuis Paris - comme la monarchie  jadis - en ignorant le fait qu'une commune fonde son action sur les services publics et un cadre de vie à embellir et qu'elle est le premier échelon de lutte contre les inégalités et pour la justice républicaine.

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jeudi 3 mai 2018

QUE RESTE T-IL DE MAI 68 ?

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François Mitterrand[1] évoquait les “zozos”, “jeunes bourgeois catholiques révoltés contre l’hypocrisie de leurs parents”. Pierre Mendès France souhaitait s’emparer du pouvoir. Daniel Cohn-Bendit montait sur les barricades[2]. Le Général de Gaulle s’envolait pour Baden-Baden, laissant son Premier ministre Georges Pompidou tout à fait stupéfié[3]. Plus tard, Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, voulut “en liquider l’héritage”[4]. Aujourd’hui à la tête de l’Etat, Emmanuel Macron s’interroge sur sa célébration...

 

50 ans après, que reste t-il de Mai 1968, de ce vaste mouvement enclenché par une jeunesse étudiante parisienne qui propagea sa révolte au monde ouvrier puis dans le pays tout entier au point de le paralyser ?

 

D’abord considéré comme le plus vaste mouvement social de l’histoire de France au XXème siècle, Mai 1968 apparaît davantage aujourd’hui, comme une rupture fondamentale, annonçant l’avènement d’une société post-moderne.

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Bien sûr, ce mouvement qui débuta le 22 mars par l’occupation de la tour administrative de la faculté de Nanterre se voulait l’expression immédiate d’un anti-gaullisme appuyé d’une volonté spontanée anti-autoritaire. Mais pas seulement.

Ce sera le révélateur d’une “France qui s’ennuie[5] comme l’écrivait Pierre Viansson-Ponté, éditorialiste au quotidien Le Monde, reprenant le constat de Lamartine peu avant 1848. D’une France qui après la Révolution de 1789 et le Front Populaire de 1936, aspirait à remettre en cause la société dans son ensemble. D’une France faite alors de 800.000 personnes, manifestant de la Gare de l’Est à la place Denfert-Rochereau à Paris, de 10 millions de grévistes, d’universités transformées en forums permanents[6]. D’une France livrée à la “chienlit et au grand désordre” selon les opposants ou aux matraques des CRS, selon les manifestants.

 

Mais au soir 30 juin 1968 et de la victoire écrasante de l’UNR gaulliste à l’Assemblée Nationale, dissoute quelques semaines auparavant, le joli mois de mai s’évanouissait. Après les accords de Grenelle, répondant aux revendications syndicales, la France des Trentes-Glorieuses recouvrait calme et prospérité. L’ordre l’emportait sur les libertés.

 

Est-ce à dire que Mai 1968 fut un échec ? Chacun peut s’en faire sa propre opinion. Mais on ne peut pour autant éluder les mutations culturelles, sociales et politiques que Mai 68 a pu engendrer. Notamment le refus d’une société capitaliste et consumériste.

En fait, les conséquences positives de Mai 68 n’eurent pas de révélations immédiates. Désordonné et parfois, avouons le, excessif, Mai 68 fit avancer les mentalités archaïques dans bien des domaines que ne pouvait satisfaire l’expansion économique : l’écologie, le féminisme, le régionalisme, le refus du racisme...Autant de thèmes que la gauche française a su, bien plus tard, intégrer à sa pensée politique, pour “changer la vie”.

Voilà pour un aperçu synthétique de Paris et du pays en général. Dans le département de l’Allier, la protestation s’éleva par l’appel à la grève générale des syndicats le 14 mai 1968[7], publié dans le quotidien Le Centre Matin du 13 mai, en solidarité avec les étudiants parisiens.

 

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A Moulins, les élèves de l’Ecole Normale, à la pointe du mouvement, soutenus par les organisations politiques et syndicales, partaient de la place de Lattre de Tassigny pour se rendre en cortège à la Préfecture, où au nom de la Fédération de l’Education Nationale (FEN), un orateur condamnait les violences policières, tandis que les transports et usines cessaient toute activité[8].

 

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A Montluçon, la contestation vient d’abord des cheminots et des ouvriers de l’usine Dunlop. Dans leur sillages, les employés de EDF-GDF et des PTT devaient les rejoindre dans la lutte, puis les lycéens. Place Jean Dormoy, 5000 manifestants rejoignaient la Sous-Préfecture, portant une liste de revendications : libération des étudiants emprisonnés, cessation des poursuites, amnistie générale, retrait des forces de police, réouverture et réforme démocratique des universités.

 

A Vichy, la manifestation comportait un défilé en ville mais de bien moins grande ampleur que dans les deux autres ; le cortège ayant été constitué de salariés en provenance des entreprises périphériques.

 

Mai 68 s’acheva dans l’Allier pareillement à Paris, par un soutien au Général de Gaulle où sur les Champs-Elysées, des milliers de manifestants voulurent en finir avec ce mouvement.


[1] Libération, “Spécial Mai-68”, 28 mai 1998

[2] Daniel, Gabriel Cohn-Bendit, Le Gauchisme remède à la maladie sénile du communisme, Paris, Seuil, 1968.

[3] CLERC, Christine, “tout est fichu Georges”, les coups de blues du Général, avril 2014, Edition Albin Michel, Paris

[4] Le Figaro, 4 mai 2008

[5] Editoral de Pierre Viansson-Ponté, Le Monde, 15 mars 1968

[6] SEVILLA, Jean, Histoire passionnée de la France, p.478, Editions Perrin, 2014, Paris.

[7] Centre Matin, 13 mai 1968.

[8] TOURET, (André), Destins d’Allier - 1945-2000, Editions Créer, Cahors, 2005.

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mercredi 2 mai 2018

La Montagne mercredi 2 mai - Commentry - devoir de mémoire

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mardi 1 mai 2018

Bérégovoy : l'hommage du PS à un homme de bien.

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Le mois de Mai a cette année, une toute autre tonalité politique, en la perspective du 25ème anniversaire de la disparition de Pierre Bérégovoy. Il mêle la grandeur et le souvenir. Grandeur d’un destin. Souvenir d’une injustice faite à un homme de bien. La section socialiste de Commentry a tenu à lui rendre hommage ce mardi 1er mai 2018, place Pierre Bérégovoy, par un dépot de gerbe et l'allocution de son secrétaire Cyrille Darrigade.

 

Fils d’immigrés urkrainiens installés en France après la Révolution d’Octobre, Pierre Bérégovoy revendiquait ses origines ouvrières, les portant comme une fierté, où le travail, l’honnêteté et la persévérance firent de lui, d’abord un ajusteur technique, titulaire d’un CAP en ce domaine. De cours du soir en examen professionnel, il se forgea une bien belle destinée, de la SNCF à Gaz de France, gravissant une après l’autre, les marches de l’échelle sociale, sans jamais trébucher.

 

De son milieu, étaient nées ses convictions républicaines et politiques. Son engagement dans la Résistance, dans syndicalisme puis au Parti Socialiste sonnaient en écho logique des causes qui furent les siennes, un demi-siècle durant.

 

Formé à l’école de Pierre Mendès France, il prêta son talent au Parti, avant d’entrer au secrétariat de la Présidence de François Mitterrand, puis d’être nommé Ministre des Affaires Sociales, Ministre de l’Economie des Finances, pour finalement être le Chef du Gouvernement, sous le second septennat. Partisan de l’économie de marché à condition qu’elle assure la redistribution et la justice sociale, Pierre Bérégovoy a voulu inscrire son action, entre “le besoin de concilier les obligations du réel et les aspirations de l’idéal”, restant toujours fidèle à l’enseignement de Jaurès.

 

Arrivé à Matignon dans un contexte économique difficile, il engagea de nombreuses mesures sociales : loi contre la pauvreté et l'exclusion sociale et professionnelle, accès à une fourniture minimum d'eau et d'énergie, aide médicale. Il fit également voter une loi sur l'élimination des déchets et la protection de l'environnement.

 

Voyant le monde changer de dimension tout en appelant à une solidarité entre les pays, Pierre Bérégovoy aimait à penser que l’Europe devait se construire par “un patriotisme de mouvement et d’ouverture, sans se réfugier dans le passé”. Il voulait susciter “un espace à la dimension du monde nouveau”. Cet espace, ce fut et c’est encore l’Union européenne.

 

Elu maire de Nevers en 1983, puis député, la ville de la Nièvre lui doit notamment l’implantation du circuit de Magny-Cours et l’Institut Supérieur de l'Automobile et des Transports, pour ne citer que les réalisations fixées dans la mémoire collective.

 

Alors qu’il avait fait de sa priorité, la lutte contre la corruption, il est violemment mis en accusation pour un prêt sans intérêts, à la force d’ une campagne acharnée d’une partie des médias et de ceux qui en pareille circonstance, hurlent avec la meute. Il en souffrira comme on souffre d’une injustice que l’on ne peut vaincre.

 

Après une campagne difficile, les élections législatives de mars 1993 ne firent pas mentir les pronostic. L'ampleur de la défaite socialiste demeurait importante.

 

Pierre Bérégovoy, acculé par les accusations publiques qui accablaient sans répit sa probité personnelle, encaissa un second choc dont il se jugea responsable, nonobstant sa réélection comme député de la Nièvre. 3 millions de chômeurs, une montée de l'exclusion sociale, une conjoncture morose, l'usure de la gauche au pouvoir...vinrent l’enfermer en lui-même, comme muré dans ses propres reproches. Ignoré politiquement par une partie des siens, certains lui reprochent même leur propre déroute électorale.

 

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Parce qu’il y a “des mots, des caricatures, des images qui ont la puissance des balles”, le 1er mai 1993, en fin d’après-midi, Pierre Bérégovoy cheminait sur les bords du canal de Sermoise-sur-Loire, “à ne plus pouvoir se plaindre, à ne plus pouvoir crier”. Plutôt que de subir l’affront du doute, la salissure dont on accablait un homme d’Etat capable et un citoyen honnête, il marcha au bout de sa vie.

 

«Toutes les explications du monde ne justifieront pas qu’on ait pu livrer aux chiens l’honneur d’un homme et finalement sa vie, au prix d’un double manquement de ses accusateurs aux lois fondamentales de notre République, celles qui protègent la dignité et la liberté de chacun d’entre nous», déclara le président François Mitterrand lors de ses obsèques, le 4 mai 1993 à Nevers.


25 ans ont passé. Les frondaisons, la lumière du printemps triomphant et le reflet vert bleuté du canal rappellent, par une stèle de granit rose,  qu’« ici le 1er mai 1993, un Juste a retrouvé la Paix, dans la nuit de ce monde, le Juste brillera ». Puissions-nous entendre ce message et le méditer.

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1er mai socialiste à Commentry

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Ceux qui vivent, sont ceux qui luttent” déclarait Victor HUGO. Et c’est à l’exemple même de sa pugnacité que le peuple de la mine et de l’usine s’est rassemblé ici au lendemain de la révolution industrielle pour réclamer le temps de vivre.

 

Dans leur vie de labeur, ils étaient les oubliés du partage. Mais il fallait qu’un homme se lève encore plus fort qu’eux, pour réclamer le pain et la dignité, le droit de grève. Cet homme, ce fut Christophe THIVRIER. Il ouvrait la voie au socialisme le 4 juin 1882 à Commentry, en entrant à la mairie. La 1ère acquise au monde.

 

Mais pouvait-on se satisfaire d’une conquête politique locale lorsque tout le pays, marqué par le conservatisme bourgeois et l’oppression, inspirait à plus de justice sociale ? Au terme d’une campagne législative à la force de sa conviction et de ses jambes, logeant chez l’habitant, dormant dans une étable ou une mansarde, Christou allait devenir le Député à la Blouse en 1889.

 

Siégeant dans ce que l’on appelait la “fournaise”, c’est à dire la gauche révolutionnaire, il fut aussi celui qui le 1er mai 1890, alla porter à la questure de l’Assemblée Nationale, les doléances ouvrières, réclamant que ce jour soit férié. Jaurès qu’il côtoya brièvement, disait de lui qu’il respirait “la bonne âme du peuple”.

 

Lui qui dès l’âge de 13 ans, travailla dans les mines, puis ouvrier en bâtiment, huillier, avant d’ouvrir sa boulangerie où la Marianne, société secrète qui tentait d'unifier les revendications ouvrières dans l'illégalité, se réunissait derrière son four. Il y faisait tellement chaud que le mot d’ordre pour s’y réunir peut encore prêter à rire. Ses initiés déclaraient :

“ce soir, retrouvons nous en Afrique”. Et enfin marchand de vin ; tous ses métiers servant à se défaire de l'emprise du patronat et de la compagnie des mines qui tentait de faire taire le mouvement ouvrier.

 

Mais l’admirable lutteur, complice de Jean Dormoy dans la lutte syndicale et politique devait s’éteindre, fatigué des combats en 1895. Tel un Général d’Empire, Thivrier, aurait pu dire : “voici mes fils”...Déjà, ils allaient prendre la suite, à la mairie, au Conseil général, à l’Assemblée Nationale…

 

Thivrier, ce n’est pas qu’une légende. C’est une fidélité aux idées et aux combats fondateurs du socialisme. François Mitterrand en 1972 puis Pierre Mauroy, dix ans plus tard, vinrent saluer le grand homme.

 

008Dans une période où notre Parti se cherche et doit se rassembler, son parcours illustre combien nous devons être les enfants d’une gauche qui n’hésite pas. D’une gauche qui ne se contente pas d’accompagner le réel mais qui lutte pour le transformer.

 

Dans une période où notre pays connaît à la fois, de nombreuses régressions, où la casse sociale et celle des acquis est méthodiquement organisé par le “Président des riches”, clairement de droite, la pugnacité et la force de conviction de Thivrier doivent nous inspirer et se traduire par l’action résolue.

 

Enfin, Christophe Thivrier, c’est aussi notre section qui a choisi de se dénommer ainsi. Section historique, la plus ancienne de ce département qui mérite respect et considération. Elle a telle une vieille dame, l’expérience des luttes forgée par l’exercice du pouvoir. Elle a aussi le tempérament et la fougue de la jeunesse pour résister à toutes les épreuves ; elle a su le prouver dernièrement.

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dimanche 29 avril 2018

Journée du souvenir de la déportation

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Ce dimanche 29 avril 2018, la section socialiste de Commentry/Montmarault célébrait la journée du souvenir des victimes et héros de la déportation qui rappelle le sacrifice de millions de femmes, d’hommes et d’enfants qui ont péri dans l’enfer concentrationnaire nazi. Elle oblige à un devoir de mémoire, à nous incliner respectueusement devant celles et ceux qui sont tombés.
Il y eut les victimes. Celles d’un système politique inqualifiable orchestré par Hitler avec la complicité du régime collaborationniste de Pétain en France, ses lois antisémites, sa répression politique, partageant la supériorité d’une race contre d’autres.
Il y eut les héros, connus ou anonymes qui luttèrent durant la Seconde Guerre mondiale. Ils ont soulagé, sauvé, réparé des vies et lutté contre une impitoyable machine à déshumaniser, au service d’une idéologie sanguinaire.
En évoquant la mémoire des victimes et des héros de la déportation, rendons hommage aux armées alliées, aux forces de la résistance, à tous les résistants, gaullistes, socialistes, communistes, maquisards, simples citoyens de toutes convictions, de France ou d’ailleurs, qui, à la suite du Général de Gaulle, ont fait face avec courage et détermination pour permettre la victoire.
La Shoah doit interpeller chacun de nous, par une exigence de réflexion mais aussi d’action. Elle impose de lutter sans faiblesse ni répit contre toutes les formes de racisme.
« Ceux qui ne connaissent pas leur histoire s’exposent à ce qu’elle recommence », écrivait Elie Wiesel, prix Nobel de la paix en 1986. Or, les rescapés des camps ne sont plus là pour témoigner. C’est pourquoi, la connaissance du passé est nécessaire à la construction de notre avenir. Restons vigilants pour traquer les idées, les propos, les signes avant-coureurs de la résurgence de la « bête qui sommeille. »
Isidore Thivrier, notre député-maire ne déclarait-il pas à la veille de périr au camp du Struhtof en Alsace : « la liberté, on en connait le prix lorsqu’on la perd ».
Aujourd’hui, chacun d’entre nous espère ne plus connaître à nouveau une telle abomination. C’est donc à la jeune génération de reprendre le flambeau, d’entretenir cette mémoire et de se battre pour construire un monde plus fraternel, plus humain, où l’ouverture à l'autre et à sa différence est une source de richesse et non de haine et de conflit.
En ce jour, soixante-quinze ans après les premiers convois des déportés juifs, n’oublions pas « ceux dont il ne reste que le nom ».
En ce jour si particulier, le silence et la méditation conviendraient sans nul doute mieux que les paroles. Mais l’homme a besoin de se souvenir avec des mots, pour vaincre la tentation de l’oubli.
Gardons alors toujours à l’esprit que le renoncement aux valeurs de notre République, Liberté, Egalité, Fraternité peut conduire au pire.
Vive la Paix ! Vive la République ! Vive la France !

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