vendredi 26 octobre 2018

LETTRE A MON COUSIN TROTSKY

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"Qu'esseuh-que ça veut direuh ?" Avec quel accent faut-il condamner l’infamie. Celle d’une organisation politique se réclamant de la gauche soutenant un gouvernement d'extrême droite ? Jean-Luc Mélenchon vient en effet de prendre parti pour Salvani, dans son bras de fer contre la commission européenne parce qu’elle a refusé le budget du Premier ministre italien.

Comment peut-on accepter les déclarations scandaleuses du chef des Insoumis :  «Les Français ont intérêt à défendre ceux qui défendent la souveraineté populaire. L'identité nationale française est une identité républicaine qui se confond avec l'idée de souveraineté populaire. C'est la raison pour laquelle il faut évidemment prendre parti pour le gouvernement italien contre la Commission européenne» tout dénonçant ce même gouvernement d’extrême-droite et la commission européenne avec. Tout y passe. Tout passe par dessus bord comme lorsque candidat aux Présidentielles, il voulait “jeter les clés de l’Elysée dans la Seine” en cas de victoire….

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M.Mélenchon a oublié en cette veille du centenaire de la Guerre de 14-18, que le nationalisme est la source de tous les conflits dans notre Histoire. Celui-même que dénonçait Jean Jaurès et qui en fut la première victime. Oui, ce vieux démon qui vient ressurgir et que condamnait François Mitterrand devant le Parlement européen par une phrase devenue célèbre :Le nationalisme, c’est la guerre”.

Dans l’histoire de notre mouvement, nous n'avons jamais emprunté la voie du populisme et préférons garder la “vieille maison” comme l’avait fait en son temps Léon Blum. Socialistes oui. démocrates oui. Populistes jamais, car c’est une façon de tromper le peuple, jouer avec les peurs et nous conduire vers la voie funeste.

Quel silence par contre, s’agissant des annonces irresponsables de Trump qui veut remettre en cause l’interdiction des armes nucléaires de portée intermédiaire (FNI). L’Europe deviendrait un champ de bataille nucléaire, ce qui n’émeut pas l’Insoumis. Et partant, localement, on célèbre le pacifisme jusqu’au point d’en confondre la séparation de l’Eglise et de l’Etat (1905) d’avec le devoir de neutralité de la République (1946). Ce qui ne veut pas dire que la laïcité ne doit pas être défendue. Elle n'est pas une opinion parmi d'autres, mais la liberté d'en avoir une.

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Après les lubies du complot médiatico-politiques contre lui et les foucades de M.Mélenchon, hurlant qu’il “était la République” et que “sa personne est sacrée”, pour nous l’Europe l’est tout autant. Notre Europe n’est pas celle de Salvini au comportement insupportable face à la gravité humanitaire des migrants. Notre République, ce n’est pas bousculer ses représentants - y compris la justice et les forces de l’ordre - alors qu’elle est largement dégradée dans la confiance que peuvent lui accorder les citoyens.

Le “tous pareils, tous pourris” vient à se répandre comme un poison lent qui jette le discrédit sur toutes les institutions. Y compris dans un conseil municipal où, n’ayant plus d’arguments, on en vient aux quolibets non sur le budget mais sur l’adjointe aux finances elle-même. Ou sur les réseaux sociaux pour la calomnier gratuitement. Mais où donc se trouve les limites lorsque l’on franchit le code d’honneur de l’élu ? Dans ce cas là, "un critique est un cul de jatte qui veut nous apprendre à marcher", comme le disait Pollock. Nous ne marcherons pas dans la combine des Insoumis ici ou là.

Posté par secret ps ctry à 09:23 - Permalien [#]
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