mercredi 13 décembre 2017

Climat : des paroles, oui mais des actes Monsieur le Président !

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En 2015, la France était l’architecte du plus important accord international du début du 21e siècle, du premier accord mondial sur la lutte contre le réchauffement climatique. Réunis à Paris, les États signataires s’engageaient à limiter le réchauffement de la planète en-dessous des 2°C, et même à viser 1,5°C par rapport à l’ère industrielle.

Aujourd’hui, par-delà la mobilisation diplomatique intense ainsi rendue possible, la communauté scientifique alerte la conscience humaine : le monde court vers une augmentation de 3°C, les dernières études pointent une reprise globale des émissions de CO2 et prédisent une accélération des dérèglements climatiques. C’est dans ce moment périlleux pour la planète que Donald Trump a pris la décision unilatérale, contre le cours de l‘histoire, de se retirer de l’Accord de Paris.

Le « One Planet Summit » aura permis de mobiliser le monde de la finance et de l’entreprise pour financer la transition énergétique.  Il faut ainsi se féliciter des 12 engagements internationaux des acteurs publics et privés, de l’annonce de la Banque mondiale de ne plus financer de projets d’exploitation de pétrole et de gaz ou de la participation de plus en plus active des grandes entreprises à la lutte contre le réchauffement climatique,

Le Parti socialiste déplore toutefois que l’autre volet de l’Accord de Paris, l’adaptation au changement climatique, qui concerne les pays pauvres, ait été à ce point l’oublié du sommet. Aucun mécanisme ne permet de financer l’adaptation et la principale annonce faite par France à ce Sommet d’élever dans ce domaine sa contribution de 300 millions de dollars – pour un total de 1,5 milliards – n’est clairement pas à la hauteur.

Ce Sommet a mis en exergue le déficit de leadership climatique du coté des États. La France, qui avait tenu ce rôle en 2015, pourrait reprendre cette ambition mais cela impliquerait qu’elle s’engage résolument dans une politique crédible en matière écologique et énergétique, notamment en Europe, ce que ne laissent pas apparaître hélas les premiers mois et choix du gouvernement Macron-Philippe : baisse des aides au maintien du bio, abandon des 50% du nucléaire en 2025, ponction des agences de l’eau pour financer l’Office nationale de la chasse, soutien au projet de la « Montagne d’Or » en Guyane, CETA, report de la taxe européenne sur les transactions financières,…

Pour le Parti socialiste, la forte mobilisation des acteurs non-étatiques à ce One Planet Summit va dans le bon sens, mais elle ne doit pas masquer que la véritable bataille à mener pour le climat est d’abord politique : c’est une cause civilisationnelle. Alors, des actes !

Posté par secret ps ctry à 19:06 - Permalien [#]
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jeudi 30 novembre 2017

Une politique de droite...et de droite !

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La droite en avait rêvé, Macron l'a fait ! Le code du Travail et son droit en prennent un sacré coup avec les ordonnances ! Ce n'est plus une politique "de droite et de gauche" comme pouvait le dire le candidat Macron et ses amis. C'est une politique de droite et de droite ! Et on disait : "il faut voir et attendre, il faut essayer"...C'est tout vu, ce sera sans nous ! 

 

L’Assemblée Nationale a définitivement ratifié les ordonnances Macron-Pénicaud réformant le code du travail. Ce coup de rabot porté à notre modèle social va précariser les salariés et affaiblir un peu plus notre démocratie sociale.

 

Dorénavant : 

 

- les multinationales auront la possibilité de licencier leurs salariés quand elles font des bénéfices. Les juges ne prendront plus en compte que la situation nationale d’un groupe pour apprécier un licenciement et non plus sa situation mondiale.

- les indemnités prud’homales seront plafonnées de façon obligatoire, elles ne seront plus à l’appréciation du juge. Ce dernier n ‘aura plus à prendre en considération les spécificités de chaque individu ni sa détresse face à son licenciement.

- la force syndicale sera réduite comme peau de chagrin. Dans les petites entreprises, le patron n’aura plus de mandataire syndical face à lui. Seul le référendum aura valeur de négociation, et avec lui les rapports de force déséquilibrés.

 

Rien n’est prévu pour :

- faire face à la transition et à la révolution numérique, accélérateur d’emplois. Comment le gouvernement peut-il parler d’anticipation et d’adaptation alors qu’il ne fait rien pour sécuriser les transitions professionnelles ?

- renforcer la représentation des salariés dans les conseils d’administration. Ces ordonnances n’intègrent à aucun moment une consolidation du dialogue social entre les salariés et l’employeur, garant de la stabilité des relations au travail.

 

Le Parti Socialiste :

- ne peut donc que déplorer cette régression sociale. Le nouveau monde promis par la majorité LREM ressemble de plus en plus à un Moyen-âge social.

- continuera d’exiger un renforcement du dialogue social, pour des protections nouvelles au bénéfice des salariés et une meilleure prise en compte des transitions professionnelles. 

Posté par secret ps ctry à 15:45 - Permalien [#]
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dimanche 26 novembre 2017

Devant les maires de France, le Président Macron rejoue le candidat Macron

speech-2759550_640Le Président de la République était très attendu par les élus locaux rassemblés au 100ème Congrès des maires de France.

Depuis cet été, comme l’a justement rappelé André Laignel, vice-Président de l’AMF, ils doivent supporter les coups de rabots d’une politique à la fois injuste et inefficace qui s’est déjà traduite pour les collectivités locales par :

- une baisse de 300 millions de dotations,

- la suppression de 170.000 contrats aidés en 2017 (110.000 de plus sont prévus en 2018),

- la ponction de 1,5 milliards sur les organismes HLM ou encore la baisse des APL.

Le dialogue territorial est arrivé à un tel degré d’indigence que le Président de la République a du faire son mea culpa et déclarer que la concertation n’avait pas été à la hauteur des prétentions du Pacte de confiance qu’il avait promis d’installer et qui s’est transformé en quelques mois en un pacte de défiance.

Devant des milliers de maires assemblés, le président de la République était manifestement dans un oral de rattrapage. S’il a commencé sèchement son discours à l’adresse des élus, il a rapidement changé de registre pour leur dire ce qu’ils avaient envie d’entendre, poursuivant ainsi la « calinothérapie » entamée la veille par le Premier ministre.

Le Président Macron a rejoué son meilleur rôle, celui du candidat Macron, à travers un discours de campagne écrit sur mesure, mais très déclaratoire et malheureusement sans propositions réelles ni annonces nouvelles. Il aura souvent donné l’impression d’effleurer mille sujets sans jamais en approfondir aucun, que ce soit sur l’évolution de la fonction publique territoriale, la fiscalité locale, les économies de l’Etat pour financer la suppression de la taxe d’habitation (sur l’éducation ? le logement ? autres ?).

Le Président de la République aura surtout esquivé les sujets de fond, ceux qui fâchent et qui altèrent aujourd’hui les relations entre l’Etat et les collectivités locales. Sa vision recentralisatrice n’est pas partagée par nos élus locaux socialistes réunis au sein de la FNESR. Il défend la déconcentration ? Nous voulons la décentralisation dans la confiance.

Il veut supprimer la taxe d’habitation ? Nous lui disons chiche, mais en exigeant qu’il garantisse en retour l’autonomie financières des collectivités locales, gage de la continuité et de la qualité du service public de proximité. Il veut promouvoir les expérimentations locales ? Nous y sommes favorables mais lui demandons de garantir le cadre national et la cohésion territoriale.

Ce long discours n’aura pas suffit à rassurer les élus. Le Parti socialiste forme toutefois le vœu qu’il ouvrira enfin un nouveau dialogue avec le gouvernement Macron-Philippe. Le Parti socialiste y prendra toute sa place pour faire entendre la voix des territoires et des élus locaux.

Posté par secret ps ctry à 12:49 - Permalien [#]
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